Archives pour août 2007

Baleine

Lundi, 27 août 2007

Parce qu’il est 11h52. Parce qu’il faut ABSOLUMENT que je fasses mon lavage. Parce que je sais qu’inévitablement, je vais avoir faim et que je devrai me faire à manger. Parce que je dois, fondamentalement, aller prendre ma douche. Pour affronter toutes ces épreuves, et bien-sûr pour les retarder, je me dois de prendre un café. Ma cafetière torche tellement, de toute façon!

Dans la liste des meilleurs appareils électroniques de chez moi, il y a, en ordre :

1- Mon Mac

2- Ma cafetière

Non, je ne philosopherai pas sur ma cafetière. Je vais faire un poème dessus :

Ma cafetière
par Gaube Ledoux

Lorsque tu es là, je me sens bien
Tu me donnes l’heure sur ton cadran
Tu me donnes la vie, tu me donnes le temps
Ou tu me donnes un café colombien

Tu ne demandes jamais rien en retour
Tu n’agis seulement que par amour
Ou bien ce n’est que programmé dans tes circuits
Peu importe, tu es mon électroménager favori

Et si jamais je dois me lever de bonne heure
Je te donnes une mission, je te donnes une heure
Et tu répondras affectueusement à ma demande

À l’heure que j’aurai choisie
À n’importe quelle heure, jour ou nuit
Tu répondras affectueusement à ma commande

Merci beaucoup d’aimer mon texte. À toutes les fois que je me fais du café, je me sens un peu plus dans le futur… Ou du moins, dans le futur vu par le film «Retour vers le futur». Vous savez, la machine du professeur qui lui prépare son déjeuner automatiquement, branché avec un cadran! Eh bien, mesdames et messieurs, ma cafetière est programmable pour faire mon café automatiquement, sans que je sois là, à n’importe quelle heure! C’est ça, le futur!

Donc, 11h52 (il est un peu plus tard que ça à l’heure où je l’écris, mais j’en ferai abstraction), je viens de me faire un café et je prévois écrire sur mon blog. Il faut, avant tout, que je vous précise qu’avant de partir, jeudi midi, j’ai eu un empêchement. Je n’ai pas fait ma vaisselle. Il ne me reste donc plus beaucoup de tasses. Normalement, je bois toujours dans la même tasse. Je suis un homme fidèle, que voulez vous. J’ai affectueusement adopté une tasse avec des dessins de différentes sortes de baleines, avec leur nom écrit en dessous. J’aimais le côté éducatif de cette tasse. Mais j’aimais surtout le fait qu’il y a une baleine, quelque part sur Terre, qui s’appelle une «sperm whale». Et, heureusement, elle est bien répertoriée sur ma tasse. Je la prendrai en photo et je la mettrai sur ce blog si vous êtes sages… Mais, à l’heure où je vous écrit (un peu plus tard que 11h52), ma tasse de baleines est sale. En fait, je dis MA tasse, mais c’est la tasse à Kevin Houle. C’est pourquoi j’ai dis «adopté», plus haut.

Je dois donc utiliser une autre tasse, une que je ne connais pas. Je suis un peu insécure (disons que j’étais TRÈS peu insécure. Sur une échelle de 1 à 8 d’insécurité, 1 étant le plus faible taux, 0 étant parfaitement neutre, je dirais que j’étais à 1,49). Je ne connais pas toutes les tasses de mon appartement. Il y en a beaucoup qui nous ont été données par des personnes que je ne connais pas. C’est Kevin qui a amené la plupart d’entre elles. Je fouilles un peu. Et je trouve un trésor : UNE FUCKIN’ TASSE TQS! Colin va être jaloux. Il y a même la signature de Jean-Luc Mongrain dessus. Et derrière, vous ne savez pas ce qu’il y a? Oui, oui, le logo Wal-Mart!!! Ah, pis d’la marde. Je la prend en photo :

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C’est le genre de tasses qui ne s’achètent pas. On les trouve, on est heureux. Ma tasse sperm whale a une sérieuse compétition. Les tasses, c’est comme les enfants, on en aime toujours plus une que les autres.

Élitisme informatique

Jeudi, 23 août 2007

Bon ok. Je sais. Je suis désagréable ces temps-ci (plus que d’habitude) pour deux raisons :

1- J’ai un mac.

2- Je suis un cours de philosophie par correspondance et puis je me trouve bien intelligeant.

Au moins j’en suis conscient. MAIS, ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que je mix mes deux défauts du moment ensemble! Je philosophe sur les macs. Et c’est bien évidemment nihiliste, en bon cégepien attardé de go-gauche musicien de marde que je suis. Nietzsche et mac, ça va ensemble. Et si vous n’êtes pas d’accord, c’est que vous êtes des être inférieurs. Je ne vous en veux pas.

Ce qui est bien avec les macs, c’est que c’est l’informatique de l’élite. Il y a combien d’utilisateurs actifs de macs sur terre? Boaf, en bas de 10%… mettons 6%. (regardez bien monter ce quotas avec l’arrivée de Windows Vista et OSX leopard!!!) C’est intéressant, ça suit la bell curve. Si vous ne savez pas qu’est-ce que «the bell curve», eh bien ce n’est pas ici que je vais vous l’expliquer. De toute façon vous devriez arrêter de lire ce texte tout de suite, probablement que vous ne le comprendrez pas. Vous devez être pauvres ou noirs (ou les deux).

Je ne veux pas que mac soit populaire, ou pire, populiste. Lorsque quelqu’un me dit qu’il ne veut pas d’un mac, je me dis : «tant mieux». S’il ne veut pas d’un mac, c’est qu’il n’est pas intelligent. Et s’il n’est pas intelligent, je ne veux pas qu’il aille un mac, il souillerait notre élite.

J’ai pourtant affaire à un débat éthique intérieur (fuck Nietzsche). Je vais vendre mon ancien ordinateur à un homme. Je vais le contraindre à passer des après-midi à défragmenter, chercher des drivers, faire des scans d’anti-virus, etc… J’ai un dilemme étique. Est-ce que l’homme qui vend une arme à feu est coupable du meurtre commis par l’un de ses clients? Est-ce que la race humaine est perfectible? Est-ce que l’emprise du pc est une fatalité? Est-ce naïf de croire qu’on peut encore faire un monde meilleur?

Je ne sais. Mais j’aime mon mac en ti-pépère.

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Rosemont

Mercredi, 22 août 2007

Je vous apprend quelque chose de fondamental, drette de même, sans préparation, à frette :

dernière autobus ≠ dernier métro

Voilà quelque chose que j’ai appris hier soir. Dernière bus de Van Horne, en face de chez Kevin Vallée. Je suis seul avec le chauffeur. Il me donne un journal 24h. Québécor était très heureux de nous apprendre qu’il n’y avait plus que le quart des manifestants au sommet de des trois dudes de l’Amérique du Nord au château Montebello.

Terminus. Station Rosemont. J’ai les pieds sur le trottoir, je viens de sortir de l’autobus. Les chauffeurs de bus/métro qui prenaient un café près de la cabine téléphonique m’inquiétaient déjà. C’était ce genre de cafés «fin de shift». Je le voyais dans leurs yeux. Mais je niais : je ne voulais pas me rendre à l’évidence. Ensuite, avant d’arriver à l’entrée de la station (j’avais dû faire entre 3 et 7 pas), je me rends compte que la station est plutôt vide. Je fais tranquillement mon deuil, puis j’arrive devant la porte de la station Rosemont, barrée. Cette station qui gisait devant moi ne m’emmènerait nulle part. Je devais alors marcher jusque chez moi.

Je prend la direction la plus familière. Je ne penses pas, j’agis. Mon instinct me dirigeait. C’était la deuxième fois que mon instinct me parlait, ce jour-là. La première fois, mon instinct me suppliait d’aller prendre un café après m’être acheté mon disque dur externe LaCie 500go FireWire 800 (je suis tellement plus hut que vous). Un appel profond. Si je n’allais pas prendre ce café, j’allais être bouleversé, peut-être pour le reste de mes jours! C’était un appel profond, fondamental, ce café allait changer le cours de mon existence. J’avais quelque chose à accomplir, une mission. Ce café était ma vie. Je sors de la micro-boutique. Je tourne à gauche, je marche un peu sur le trottoir, et je retourne à gauche lorsque la porte du café Van Houtte m’est accessible. Je vais à la caisse. Je regarde les biscuits. Une destinée + un biscuit, il n’y a rien de mal là dedans. Mais il était 1,47$. Je n’ai pas acheté le biscuit. J’étais même un peu offusqué, mais ce n’était que passager. J’ai encore une très légère vague de rengaine lorsque je pense qu’ils vendent ce biscuit 1,47$, mais je finis normalement par penser à autre chose. Le café était 2,04. Je trouvais ça un peu cher, mais c’était quand même ma destinée. Les troubles obsessifs-compulsifs, ça gosse.

Je marche sur l’avenue Rosemont. C’est long. J’écoute le quatuor à cordes en Fa de Maurice Ravel. Ça donne une ambiance impressionniste le fun à Montréal. Et puis j’arrive devant le McDo. Il ressemble vraiment à celui près de chez Laurence. Je me sens vraiment au milieu de nulle part. C’est pas super désagréable. C’est même un peu agréable. C’est sur que ce n’est pas la sensation la plus agréable que j’ai vécue dans ma vie, mais quand même pas si pire. Sur une échelle de 1 à 8; 1 étant le plus faible (mais pas désagréable. C’est bien une échelle d’agréabilité que je fais. 1=un peu agréable, et non désagréable. Par exemple, 0 serait une expérience parfaitement neutre), je classerait cette expérience à 1,49. Hey, c’est 2 centièmes de plus que le prix du biscuit au Van Houtte. Vous pouvez dire que mes textes mènent nulle part, mais vous ne pouvez nier qu’ils ont une structure intéressante. Je sais que vous vous demandez pourquoi l’échelle va jusqu’à 8 et non 10. Nous sommes habitués au système métrique, c’est normal. Mais je voulais rendre hommage à l’échelle de Richter.

J’ai un doute. Je me demande si j’ai pris le bon chemin vers ma maison. Peut-être que mon instinct m’a trahis? J’appelle Kevin sur mon cellulaire. Vous vous doutez bien que j’avais pris la bonne voie, car si je m’étais réellement trompé, j’aurais été bien trop orgueilleux pour l’avouer sur ce blog.

J’ai donc pris la bonne voie et tout s’est bien déroulé pendant mon retour chez moi.