Le pamplemousse, quel fruit atroce. Qui aime vraiment le pamplemousse? Au plus, on peut être indifférent au pamplemousse, mais aimer ce fruit, non. Personne ne dit : «J’adore le pamplemousse, c’est vraiment mon fruit favori!» C’est normal, c’est dégueulasse. C’est amer. Ce n’est même pas sucré (c’est pourquoi on met du sucre dessus, pour mieux le faire passer). Ça prend une cuillère spéciale pour le manger.
Bon, ok, je vous vois déjà venir : «Gaube, on s’en câlisse vraiment des pamplemousses, parles-nous donc de tes tasses à la place…» Vous allez voir. Mon article sera autant intéressant/inutile que les autres!
La semaine passé, je reviens à Montréal après une absence de 4 ou 5 jours. J’arrive un dimanche. Je sais ce qui m’attends : un bordel. Restes de poutine dans le salon. Reste de coke (la boisson gazeuse!) dans le salon. Plancher du salon que j’avais lavé avant d’arriver sale. Cuisine pleine de vaisselle sale. Cannettes de liqueur au pamplemousse. Table de la cuis… quoi? Liqueur au pamplemousse? Pamplemousse? Liqueur? Au?
J’avais vu ces canettes à vendre à l’épicerie… Elles étaient à la porte de sortie. En caisses de 12, jamais je ne m’achèterai ça. De toute façon, au pamplemousse, quel blasphème! Mais la société de consommation est ainsi faite qu’à chaque objet qu’on regarde, soit dans un magasin, un vêtement, un dépanneur, un spectacle, un bar, TOUT, nous cause un doute. On se demande toujours «est-ce que je peux l’acheter?». Ensuite, on se demande «est-ce que je VEUX l’acheter?». Parfois, c’est le contraire. On se demande si on veut acheter l’objet avant de savoir si on peut. Comme une guitare. Mais les gogosses, les bebelles, les cossins inutiles… le monde de la consommation…
Ça l’air bien simple comme ça, mais ça se fait tellement vite. On ne s’en rend même plus compte. À tous les objets qu’on regarde, on se demande si on peut l’acheter. En tout cas, je parle pour moi, mais je ne dois pas être seul. Donc, en l’espace d’un dixième de seconde, je désirais ces canettes de liqueur au pamplemousse. Seulement un dixième de seconde. Si vite que je ne m’en suis pas rendu compte. Mais lorsque j’ai vu une canette, déjà ouverte de quelques heures à peine, presque pleine, dans mon frigedaire… mon subconscient s’est souvenu de ce dixième de seconde. Et il m’a même poussé à en boire une ou deux gorgées.
J’ai succombé. J’ai bu une gorgée. Pour me déculpabiliser, je me disais que tout le bordel dans lequel l’appartement était valait bien une gorgée de liqueur au pamplemousse comme dédommagement. Mais le fait est que j’en ai bu une ou deux de plus. Sur ce blog, mesdames et messieurs, j’avoue publiquement que j’ai volé. Et je dois même dire que, et c’est le plus terrible, j’ai très peu de remords.
«Plus terrible», boaf. J’exagère. Ce qui est vraiment terrible, c’est que j’ai AIMÉ ÇA! Mes valeurs, elles sont où? C’est terrible! J’ai aimé un câlisse de pamplemousse!
À SUIVRE…