(je sais que j’ai inversé la fille et la machine)
(je sais que j’ai inversé la fille et la machine)
«Bonjour, me dit-elle d’un air enjoué légèrement hypocrite que l’on fait à un client régulier que l’on reconnaît.
-Bonjour. Alors les morceaux de poulet. Combien ça reviendrait deux gros et un petit?
-Ça serait 1$ de plus car normalement c’est nous qui choisissons les morceaux. Normalement c’est une viande blanche, une viande brune, une viande blanche, une viande brune, etc. (la viande brune étant les petits morceaux et la blanche les gros)
-Alors si je prend 3 morceaux, je ne sais pas sur quoi je tombe?
-Exact.
-Ça reviendrait à combien, 2 gros, un petit?
-6,27$ à cause du 1$ pour le choix.
-Ah, ben choisis les trois morceaux, alors! Ça va être correct.
Et elle me donna trois gros morceaux. En revenant de mon parcourt, je me rendit compte que je n’avais pas donné de tip à cette commis qui me donna le jack pot de poulet frit. De terribles remords se firent alors ressentir en moi. En me rendant ici, pour écrire cette mésaventure morale, je me rendit compte qu’elle m’avait peut-être tout simplement donné trois gros morceaux pour me priver d’avoir de la viande brune. Et ma conscience fut lavée de tout remords.
Vous savez, j’ai 20 ans, et je commence à m’apercevoir des moments importants, mais petits, de la vie. J’ai fait un peu de ménage ce matin, avant de vedger pour le reste de la journée devant ableton live : j’ai remis tous mes CDs dans les tours à CD, libérant ainsi mon bureau de chambre, la télévision du salon et ma table à manger (parce que oui, j’ai des piles de CDs qui se retrouvent dans la cuisine). Je me suis alors rendu compte que j’ai presque fini de remplir mes deux tours à CD! Et pas des petites tours, là : 180 CDs chaque!
J’ai compris deux choses :
1- J’ai beaucoup de CDs.
2- On ne s’achète pas souvent de tour à cd dans notre vie. C’est un moment important, mais petit de notre existence.
En prenant cela en considération, nous devrions vivre ce moment à 100%. Ce n’est pas comme noël, ou comme s’acheter un ordi (c’est devenu un moment encore plus important que noël pour moi), ou un char (ce jour-là est loin), mais c’est quand même spécial. Je pourrais voir ça comme une sorte de récompense, pour nous rappeler qu’on a écouté 180 CDs de plus que la dernière fois où on s’est acheté une tour!
On devrait accorder plus d’importance aux moment comme ceux-là. Il y en a d’autres : une nouvelle bibliothèque, un nouveau disque dur externe, un rack à DVD, une nouvelle guitare. Etc.
Alors je vous tient au courant quand à mon choix de rack à CD.
Donc en revenant d’aller travailler, il y a à peine 15 minutes, j’ai croisé une fille d’environ 25 ans, assez grassette, arborant ce genre de t-shirts avec des phrases connes écrites dessus. Vous savez, des genres de phrases avec des connotations sexuelles. Mais la phrase qu’il y avait sur ce chandail m’a laissé perplexe. Je ne l’ai pas comprise. «Mon chum est bain bizarre.»
Alors la première explication de cette blague c’est qu’il ne faut pas cruiser cette fille car son chum est bizarre et qu’il pourrait nous pêter la geule. Mais il me semble que c’est un peu trop subtil pour ce genre de vêtement.
La deuxième serait une blague que cette fille voulait faire à son chum. Mais cela me semble peu probable, car tant qu’à rire de quelqu’un sur un t-shirt, on n’utilise pas le terme «bizarre», qui n’est pas assez poignant!
La troisième serait un mix des deux. La fille a volontairement acheté le t-shirt pour faire croire aux gens que son chum et bizarre. Mais peut-être qu’elle n’a pas de chum. Ce t-shirt incite donc les gens à la cruiser.
Mais ce qui m’a surtout marqué, c’était le «bain». Normalement, j’écris cet onomatopée «ben.» Il me semble que c’est l’orthographe correct pour cela. Mais bain… Peut-être que la fille trouve son chum bizarre parce que, au fond, c’est elle qui est bizarre car elle écrit «ben», «bain». Son chum est quelqu’un de tout à fait normal qui écrit comme il faut ses onomatopées. Ce serait donc une blague d’auto-dérision.
Je crois finalement que ma première explication reste la meilleure. Mais ce t-shirt échoue son rôle de faire une blague que l’on comprend au moins une seconde après l’avoir lue. Si vous le trouvez en magasin, ne l’achetez pas!
Et c’est alors que Gaube, ce génie de la musique électronique, entre dans le bureau du PDG de M-Audio.
-Ce que je vais vous demander de faire n’est pas une blague, dit-il. Qu’est-ce qu’un contrôleur midi? Une façon plus «humaine» d’interagir avec un ordinateur? Qu’est-ce qu’il y a d’humain à un bouton? Qu’est-ce qu’il y a d’humain à un fader? Toutes ces façons de communiquer ont été acquises par l’homme, mais ne sont pas innées. Pour rendre la musique électronique plus vivante, il nous faudra dorénavant un contrôleur inné. Et ce qu’il y a de plus inné chez l’être humain, c’est une paire de seins.
Et Gaube posa sur le bureau les plans détaillés qu’il avait minutieusement travaillés avec Autocad. Le PDG en fût bouche bée. La pression effectuée sur le sein déterminerait la vélocité, et les axes de translation x, y mais aussi z étaient des signaux midi. Une rotation du sein pouvait remplacer un knob. Le matériel utilisé était une sorte de tissu synthétique ayant une chaleur et un toucher semblables à de la peau de poitrine féminine. Remettons-nous dans le contexte de ce temps : c’était une idée révolutionnaire, pour l’époque. De nos jours, la plupart de nos objets courants sont de desing mamellien, des petites mamelles pour commander play sur un lecteur CD aux seins d’adolescentes pour faire couler l’eau du robinet. Mais dans ce temps-là, cette idée était révolutionnaire, révolutionnaire.