Archives pour septembre 2008

Le beau, le bon et le hot

Mardi, 30 septembre 2008

La musique est un grand chaos dans lequel on peut palper le beau. Les sons vivent, meurent et ne reviennent plus jamais. On tente d’échapper à cette fatalité avec le médium de l’enregistrement, mais en fait, le son ressuscite avec une âme dénaturée. On l’écoute avec une autre oreille, dans un contexte différent, dans une temporalité différente, avec un instrument différent. Par exemple, un speaker ne peut pas rivaliser avec l’instrument qu’est la Terre entière qui gronde lors d’un orage. Mais de toute façon, qui se soucie d’un disque d’orage? Qui se soucie d’un enregistrement de vagues qui meurent sur la plage? Dans le même ordre d’idées, qui se soucie de la photographie d’un coucher de soleil?

Hier soir, je revenais chez moi à pied, et je me suis dis que j’aimais irrationnellement la musique pour trois de ses aspects : le beau, le bon et le hot. Si l’enregistrement ne permet pas d’enregistrer correctement une tempête, il permet par contre de capter ces trois qualités.

Le beau est la partie émotionnelle, de jolies mélodies, une esthétique soignée, des souvenirs d’enfance, on parle d’amour, une jolie valse, ça nous rend heureux ou triste, on aime la chanter. J’aime la chanson Moon River de Frank Sinatra.

Le bon est la partie manuelle, la partie gros bras de la musique. Metallica, c’est bon, ça buche, ça groove, c’est difficile techniquement, c’est tight, c’est agréable à l’écoute, les sons se marient bien.

Le hot est la partie intellectuelle, l’originalité, lorsque la musique nous transporte dans un monde abstrait ou complexe, lorsque notre cerveau tente de décoder ce flux sonore riche et nouveau. Amon Tobin, c’est hot!

Une pièce peut être hot, mais moins belle. Elle peut être bonne, mais elle n’est pas obligée d’être hot. Moi je dirais qu’Aphex Twin, c’est bon et c’est hot, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est beau. Je dirais que Céline Dion a fait quelques belles pièces, qu’elle est très bonne, mais qu’elle manque souvent de hot.

Remarquez ici que les trois termes n’ont pas nécessairement de lien direct avec leur sens propre, c’est une sorte de sens figuré élargi.

Septagénaire

Dimanche, 28 septembre 2008

Couper dans les arts

Dimanche, 21 septembre 2008

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que les artistes ne travaillent pas pour l’argent. Ils travaillent pour la beauté, pour l’art, pour l’abstrait. La majorité de la population ne comprend pas cette différence fondamentale, car l’argent est déjà quelque chose d’abstrait pour eux. Crédit facile, dettes. Avec quoi les gens s’endettent-ils? De faux rêves. Le Québec n’a souvent pas de rêves. Pour l’artiste, l’argent sert à concrétiser ses idées. L’argent n’est pas de l’argent, l’argent est un disque, l’argent est un concert, l’argent est une salle de spectacle, l’argent est un film, l’argent est une gallerie d’art… mais l’homme moyen ne travaille pas pour un rêve, car il n’a pas d’imagination, il ne travaille que pour l’argent. Ne s’est-il pas rendu compte que l’argent ne fait rien toute seule?