J’étais dans un wagon du métro et je regardais ce petit homme d’environ 3 ans, assis sur un banc, qui regardait par la fenêtre le peu de paysage qu’un tunnel nous offre. Sa mère n’était pas loin, mais il semblait déjà autonome. Les enfants qui prennent le métro le prennent souvent pour la première fois, et ils sont constamment en train de demander l’attention à leur mère. Pas lui. Il avait un regard sérieux et intelligent, et regardait calmement par la fenêtre. C’est alors que j’ai commencé à flotter en itinérant dans mes pensées, comme on le fait souvent entre deux stations. Je me suis mis à réfléchir sur la jeunesse, la beauté de la naïveté, cette absence de barrière qui nous permettait d’adresser la parole à un étranger. Je me suis alors demandé qu’est-ce qui pouvait bien donner à cet enfant un air si adulte. C’est en le regardant sortir du wagon que j’ai compris qu’il avait grandit à Montréal : de tout le voyage, il n’a regardé personne dans les yeux.
Mardi, 21 avril 2009 à 0:50 |
[...] avec cet article, c’est Le petit homme qui s’en va. Et ça me fait de la peine. J’aime ce [...]
Lundi, 15 juin 2009 à 11:01 |
On ne l’oubli pas !