Archives pour janvier 2009

Toute sonne le cul pt.1 : historique de sonnage du cul

Lundi, 12 janvier 2009

Attention, je vais chialer pour les 2-3 prochains articles. Vous savez, quand on commence à s’y connaître dans un domaine, on reprend toujours tout le monde, et on commence peu à peu à se faire des ennemis. «Regarde comme elle sonne bien ma guitare.» Non. Elle sonne mal. «Regarde comme ils sonnent bien mes speakers.» Non. Ils sonnent mal.

Je suis vraiment chiant, je le sais, mais le problème est qu’on considère trop souvent le son comme quelque chose de subjectif. Je parle bien de son, et pas de musique. Je suis tout aussi chiant sur les questions musicales subjectives, telles que «Yngwie Malmsteem fait de la musique conne.» Mais je ne parlerai pas celà, les exemples que j’ai donnés plus hauts étaient des exemples objectifs, et je resterai dans le domaine du chialage objectif. Parce que oui, une qualité de son, c’est tout à fait objectif.

La technologie des 30 dernières années nous permet d’avoir une qualité sonore de plus en plus proche de la réalité acoustique. Est-ce qu’on profite de ça? NON! ON NOUS VEND DE LA SCRAP! Et savez-vous quoi? Personne ne s’en rend compte, parce que personne n’a d’oreille pour s’en rendre compte, tant on est habitués à écouter de la scrap! Et savez-vous le pire, dans tout ça, on nous vend cette scrap TRÈS CHER.

Mon premier article portera sur l’historique du sonnage de cul audio.

Mais je n’en veux à personne (je me calme là). Depuis qu’on est tout petits, on a été habitués à écouter de la scrap. Commençons tout d’abord par les speakers de télévision. Quelles attrocités! Comme plusieurs d’entre vous, mon premier bagage musical, à cette époque où Limp Bizkit et Eminem étaient de grands dieux à mes yeux, a débuté en écoutant MusiquePlus. Et comment se rendaient ces merveilleux hymnes 90’s jusqu’à mes oreilles? Par un speaker mono bien poussiéreux d’une TV vieille de 15 ans. Ma mère était une pionière : nous avions la télévision numérique. Il aurait été très facile de prendre les sorties RCA du décodeur numérique et de les envoyer dans des speakers relativement cheaps. Mais qui s’en souciait? On avait un son, on était content.

Et puis c’est l’arrivée de Napster! Ce merveilleux programme qui fût l’emblême informatique de ma génération. Même si le mp3 est un fichier qui date de 1991, on n’a appris à l’utiliser que vers 1999, à la sortie du dit logiciel de partage. À l’époque, les ordinateurs n’étaient pas considérés comme des stations multimédia comme aujourd’hui. Écouter de la musique sur son ordinateur était quelque chose de nouveau, et personne n’avait de très bons speakers. On écoutait donc nos premiers téléchargements avec des speakers de qualité presque égale à celle du speaker mono de ma télé, mais au moins il y en avait 2, ce qui faisait que je pouvais écouter en stéréo!

À cette époque, j’avais une connexion internet très lente. Le bon vieux téléphone avec un modem 56k. Étant donné que ma mère mettait beaucoup de pression pour avoir la ligne téléphonique libre (allant parfois jusqu’à décrocher longtemps le téléphone, ce qui interrompait ma connexion et me faisait perdre mes downloads – ça me rendait fou de colère), je devais télécharger les plus petits fichiers possibles, réduisant ainsi la qualité de mes fichiers.

Encore aujourd’hui, je connais beaucoup de personnes qui n’ont aucune notion de qualité d’un mp3. Ce n’est pas grave, je vous explique. Dans chaque programme de téléchargement de mp3, vous avez le nom du fichier dans un colone, la taille du fichier dans une autre. Allez un peu plus loin, il y a la colone bitrate avec un chiffre : souvent 128 kb/s. Plus le chiffre est bas, plus la qualité du fichier est mauvaise, plus le chiffre est haut, mieux c’est. De grâce, pas en bas de 128 kb/s, et n’hésitez donc pas à monter à 192!

J’ai essayé ici de changer l’histoire du sonnage de cul. Encore aujourd’hui, trop peu de gens se soucient de la qualité de son de leur fichiers.

Mais vous pensez que c’est de l’histoire ancienne, tout cela? Absolument pas. Encore aujourd’hui, on écoute de la scrap. La plupart des jeunes, comme moi, écoutent leur musique sur leur ordinateur. On s’achète une paire de speakers cheaps pour aller avec.

Et si la plupart d’entre-vous se doutent que leurs speakers sont la cause de tout ce sonnage de cul, je vous avertis! Il n’y a pas que les speakers qui déterminent la qualité d’un son. Je vais vous parler d’un secret bien gardé par les compagnies audio. La composante la plus importante dans un lecteur CD : le DAC (Digital/Analog Converter).

Vous ne savez pas qu’est-ce que ça fait? C’est normal, aucune compagnie ne précise sa qualité de DAC lorsqu’elle le vend. Les compagnies tentent de nous faire rester au stade de néophytes. Toute l’industrie audio est basée sur un son scrap, avec des standarts très peu élevés. Depuis qu’on est tout jeunes, on nous habitue à un son scrap, et plus vieux, on achète des chaînes hi-fi scrap, et on ne sait pas qu’elle sonne mal, car notre oreille n’est pas formée.

Mon prochain article traitera des ces fameuses chaînes hifi à 700$ qui ne sont en fait que de jolies boîtes en carton (avec un desing très laid, devrais-je ajouter).

Aspects figuratifs à la musique

Jeudi, 8 janvier 2009

Je me suis souvent obstiné avec mon prof sur la question des aspects figuratifs à la musique : est-ce que la musique est quelque chose de complètement abstrait, ou peut-on attribuer à certains de ses éléments des affects figuratifs?

On serait d’abord porté à dire que la musique a indéniablement plusieurs aspects figuratifs. C’est la première chose qu’on apprend au cégep : Mineur/Triste, Majeur/Joyeux. Bien sûr, il y a presque autant d’exceptions à cette fausse règle que de bons exemples. De l’esprit mathématique de Bach à la mélancolie de Beethoven, en s’en allant vers l’armée de Wagner et puis la psychose de Ligeti, on associe des sentiments bien précis à des musiques bien précices.

Mais si tout le monde s’entend pour dire que la sonate à la lune de Beethoven est triste, est-ce que c’est parce qu’elle est vraiment triste, ou est-ce parce qu’on l’a si souvent entendue dans un contexte pour qu’elle soit triste? Par exemple, au cinéma, dans une scène triste, on entend souvent une mélodie simple avec des arpèges simples joués au piano assez lentement. C’est bien souvent un pastiche de la sonate à la lune. Dans notre société occidentale (où tout le monde a écouté des dizaines de films remplis de ce genre de clichés le dimanche matin à TVA), on fait inconsciemment le lien de toutes ces scènes tristes accompagnées par ce pastiche de Beethoven au piano, ce qui fait que lorsqu’on écoute l’originale, on l’associe à quelque chose de triste.

Mais est-ce qu’intrinsèquement, cette pièce évoque la tristesse? Et tantôt, je précisai que ce phénomène s’applique dans une société occidentale. Le système des 12 notes dans un octave n’est pas globalement utilisé. Certaines tribues utilisent des systèmes à 7 notes, d’autres utilisent les quarts de ton! Lorsqu’on écoute de la musique avec la gamme pentatonique chinoise à 5 notes, on trouve donc que cette musique est peu évoluée, ou simpliste. Lorsqu’une oreille peu développée écoute de la musique électroacoustique, elle la considère bizarre, elle fait un lien avec la science fiction et les films de série B. Pour nous, les électroacousticiens, la musique électroacoustique n’a rien de bizarre.

Prenons une jolie valse viennoise de Strauss, un cliché du joyeux. Probablement que les coups de cymbales effrayeront les jeunes enfants. Elle n’aura donc rien de joyeuse pour eux.

En ce qui attrait aux dissonances, pourquoi certains intervalles «frottent» et d’autres sont «doux», il y a un explication physique assez simple. Mais peu importe, ce n’est pas là ou je voulais en venir. Moi je parle d’émotion. Est-ce que la musique contient intrinsèquement des émotions?

La réponse que j’ai à cette question est : on s’en fous. Pour moi, toute la beautée de la musique réside dans son abstraction et dans sa profondeur infinie de détails. Personne n’écoute la musique de la même manière. Alors si quelqu’un aime la sonate à la lune parce qu’elle est triste, est-ce qu’on dira de cette personne qu’elle aime mal la musique? Je ne crois pas qu’il y ait une mauvaise façon d’apprécier la musique (mais il existe de la mauvaise musique – ce n’est pas une contradiction).