C’est intéressant que j’aie fini par tomber sur un livre en ligne, cet après-midi, qui parle de cette idée du beau en art. Le livre s’appelle ART BEAUTY AND PORNOGRAPHY : A JOURNEY THROUGH AMERICAN CULTURE par Jon Huer. Je ne l’ai pas lu au complet, mais bon, j’en parle déjà tout de suite. J’ai arrêté au moment où il définit l’art (je trouve ça con, tenter de définir l’art, mais bon, on ne lui en veut pas trop d’être sociologue).
Jon a avancé considérablement mon raisonnement sur la place du «beau» en art. Il considère que ça n’a jamais été à l’art de faire du beau. Du beau ne naît pas l’art.
Le beau, c’est ce qui est agréable à nos sens. C’est ce qui nous donne du plaisir sensoriel. Un coucher de soleil est beau. Une femme nue est belle. Du coup, ce n’est que par puritanisme que l’on considère la pornographie comme étant laide. La pornographie, c’est l’étude du beau par excellence, puisque c’est ce qui stimule l’expérience la plus prenante chez l’être humain selon Freud, soit la sexualité.
Selon lui, l’art est comme la philosophie, la politique ou la religion : une tentative par laquelle l’artiste tente de convaincre ses récepteurs d’adhérer à sa vision du monde. Beethoven nous présente sa vision du monde. D’ailleurs, une symphonie d’une heure est exigeante, nous fatigue par sa complexité et l’attention qu’on doit lui porter. Ce plaisir est plutôt intellectuel. Il y a bien sûr part de plaisir sensoriel lorsque j’écoute une symphonie, mais du même ordre que lorsque j’écoute les oiseaux très tard dans la nuit. Je ne vois pas pourquoi j’écouterais du Beethoven si ce n’était QUE sensoriel, puisque la nature me donne des expériences acoustiques bien plus diversifiées que celles d’un orchestre symphonique.
Je ne suis pas vraiment d’accord avec tout ce que dis Jon dans son livre. Tout d’abord, l’œuvre musicale la plus récente dont il parle est la symphonie inachevée de Schubert (composée en 1822). Ensuite, au terme convaincre, je remplacerait exposer. Nuance. Ensuite, est-ce que Bach voulait vraiment dire quelque chose en écrivant ses fugues? Notre conception de l’artiste s’est incroyablement modifiée au cours des années. Par exemple, Stockhausen croyait que la société moderne n’avait plus besoin d’artistes (il considérait l’art pop comme primitif).
Néanmoins, je crois que c’est une bonne piste de réflexion sur ce fameux «beau» que l’on parle toujours en art.
Écoutons maintenant la grande fugue de Beethoven. Est-ce réellement beau? Est-ce que ça stimule vraiment nos sens? Ou est-ce notre intellect?
Mercredi, 4 août 2010 à 0:02 |
À mon avis, pour te donner mon opinion sur ta question finale, dont j’imagine que tu n’attendais même pas de réponse de toute façon, tout dépend du confort qu’on a à priori avec le type d’œuvre en question. Parlons de musique et revenons à Beethoven. Pour moi, qui ne suit pas fin connaisseur en musique classique, mais grand mélomane à la recherche constante de trucs originaux, je dirais que je travaille mon intellect à écouter cette pièce. Parce qu’elle me fait voir (entendre) une musique différente de ce à quoi je suis habitué. Personnellement, je l’ai vécu surtout avec la musique « noise », dub, expérimentale, mais le classique me fait réagir d’une manière semblable. Je suis à l’écoute et « j’apprends », d’une certaine manière. Cependant, si j’ouvre la radio ou met un CD qui m’est bien connu et que j’apprécie, je ne crois pas que je travail mon intellect. C’est plutôt sensoriel. Un plaisir de réentendre quelque chose qui soit déjà bien connu.
Bref, qu’une opinion !
Bon blog.