Archive de la catégorie «Essai»

Le monde du métal

Mardi, 21 avril 2009

Le monde du métal est un monde très, très étrange.

Quand on dit «band de métal» à un jeune d’aujourd’hui, il va s’imaginer Linkin Park. Mais mon père, c’est des drag queens. Des gothiques habillés en noir avec du faux sang qui leur pisse des mamelles.

Moi j’ai rien contre les drag queens. Une fois, j’ai joué avec un band de drag queen. Du bon monde. Habillés bizarres, mais toujours en train de faire des jokes, de sourire. Je suis certain qu’ils seraient des bons papas, si ils le sont pas déjà.

Je sais pas jusqu’à quel point ils veulent être marginaux. Je veux dire, le chanteur a quand même mangé du McDo avant le show. Ça va jusqu’où, être marginal? Je veux dire, la chose la moins marginale pour un ostie d’américain c’est de manger un trio Big Mac. Je sais pas si vous me suivez…

Pis les gars, du criss de gros gear là. Genre la guit à 2000$, l’ampli à 3000$. Le bassiste, même affaire. J’ai aucune idée de combien valait le drum. Il était immense. Je dirais qu’il était 2 fois plus petit que le drum de Mike Portnoy (LA référence en gros drum), ce qui reste absolument immense. Le claviériste avait des sons de marde, par contre. Pas tight pour deux cennes, le claviériste. Je pense pas qu’il ait jamais joué à deux mains de tout le show. Pis le linge de drag queen tout en cuir, ça devait ben valoir 1000$. En plus ils avaient des t-shirts à vendre, pis ils ont donné des stickers à tout le monde. Je m’en sers comme signet. Ah oui, j’oubliais, ils ont un logo. Pis le logo était bien sérigraphié sur chacunes des peaux des deux bass drum. Une maudite belle pochette de disque comme j’en rêve. Tsé les digipack, c’est à mode ces temps-ci. Genre les pochettes en carton, comme Break Syndical des Cowboys fringants, mais avec une belle image en 32 bit. Il faut en imprimer au moins 500 pour que ça revienne rentable, je le sais j’ai checké toutes les soumissions sur internet.

Mais où je voulais en venir, c’est que criss! Le guitariste avec le fuckin ampli, pas un ostie de solo de tout le show. Power chord, power chord, power chord. Un moment donné y’avait un bout en clean. Après, power chord, power chord, power chord, power chord.

Le show était bien rôdé quand même. Ils font bien ce qu’ils font. Mais tsé. Moi j’ai eu l’impression que c’était une gagne de papas qu’au lieu de jouer au Bowling, ils avaient un band de métal gothique. Ils font un bon show, on a presque l’impression qu’ils poignent pour vrai avec le roadie attitré à la vente de t-shirt. Mais pourquoi j’essaies de souligner les bons points? J’ai pris soin de ne pas mentionner leur nom pour les bitcher, la gagne des calisses qui ont plus de fric que moi pis pas de talent de tabarnak tu sais pas faire la différence entre un ampli poche pis ujn ampli à lampesk pis c’est quoi 1uw i se rammasse avece le 20o watt pasdfuaia dtes meme pas capable oastie de jouer 3 notes sasn que ça buzz tabarnask de cave oui ça existe une guit acoustique tu pourrais ben essayer ça ostie de crétin pis yas pas jsute le métal criss t’as jamais pensé à t’acheter un disque de Pink Floyd pour faire changement pis ostie ya d’autres accords quje le D5, UNE TIERCE TABARNAK UNE TIERCE pis tu peux même jouer avec d’autres gammes que l’harmonique,m OUI ÇA A UN NOM LA GAMME YNGWIE MALMSTEEM.

Bon ok je suis juste jaloux.

Mais on va quand même s’avouer quelque chose : c’est un peu quétaine le gothique. J’veux dire… ouuuuh. Des power chords. Une drag queen. J’ai peur.

Une question de principe : le startup sound des macs

Mardi, 10 mars 2009

Les laptops macs sont des merveilles. Ils sont silencieux, l’interface graphique de Mac OSX est fantastique et stable, ils sont très beaux, ils sont durables : ils ont tout ce qu’il faut pour s’adapter à la réalité étudiante. Tout, sauf ce petit détail : la fameux startup sound.

Il est déjà arrivé à tout étudiant universitaire d’arriver en retard à un cours d’une centaine de personnes et d’avoir à allumer son ordinateur. Le fameux accord majeur (je crois que c’est un F#) nous donne droit à un bon 15 secondes de gloire : plein de têtes qui se retournent, et possiblement même un commentaire du professeur dans le cas de mon cours d’histoire de l’art.

Mes amis me disent, pour remédier à la situation, qu’avant d’éteindre leur ordinateur, ils ferment le volume du MacBook. Cela fait en sorte que le fameux accord majeur se transforme en une interprétation rapide de 4′33″ de John Cage.

C’est contre mes principes (je parle bien sûr de baisser le volume avant chaque fermeture, et non pas de John Cage). Jamais on ne devrait materner un ordinateur. Mentalité typiquement PC. Apple auraient dû mettre un petit piton à cocher dans les options pour enlever ce son, et non pas remettre aux utilisateur de penser au futur à chaque fois qu’on éteint notre ordinateur. Je suis déçu et fâché.

Une solution existe. C’est un tout petit logiciel appellé startup sound. Ça fonctionne fantastiquement bien. C’est tout simplement un petit bouton qu’on coche si on ne veut plus se soucier du F# à chaque démarrage de votre mac. Vivons le moment présent.

Je ne fais rien

Samedi, 28 février 2009

Je suis comme tout le monde.

L’environnement, je n’ai rien contre. Je me considère vert, je suis pour l’environnement. J’ai un sac d’épicerie réutilisable. Je l’oublie souvent, mais ce n’est pas grave, puisque je me sers des sacs en plastique pour ma poubelle. J’ai une énorme réserve de sacs de poubelles. Je pose des actions concrètes : lorsque le caissier me demande si j’ai besoin d’un sac, je lui répond «Malheureusement oui.»

Mais encore mieux : j’ai ajouté la cause «environnement» à l’application «causes» sur facebook. Maintenant je peux me laver les mains et dire que j’ai vraiment posé une action concrète pour l’environnement.

Bravo gagne de morrons. Lorsqu’il y aura 1 000 000 d’utilisateurs qui seront sur l’application causes pour le cancer de sein, ben il y aura encore autant de gens qui vont en crever. Ce n’est pas mieux que rien, C’EST rien.

À mort les gens «simples»

Samedi, 28 février 2009

Depuis quand être «simple» est positif? «Bravo, tu es resté simple malgré ta célébrité.» «Moi je suis quelqu’un de simple, qui aime la vie.» «J’aime les gens simples.»

Je ne sais pas vous, mais pour moi, simple ça veut dire «morron». Depuis quand on glorifie la simplicité d’esprit?

J’aime les gens compliqués, qui font des choses que je ne comprend pas, qui ne se comprennent pas eux-même, qui pensent des choses que je ne comprend pas, qui connaissent plein de choses.

J’aspire à être quelqu’un de compliqué. Mais je ne sais pas si j’ai assez d’argent pour. Le club sélect des gens compliqués est réservé aux riches qui ne travaillent pas et qui ont le temps de lire assez de poésie contemporaine pour trouver ça beau, ou pour comprendre les structures de phrases de Kant.

Si quelqu’un que je n’ai pas revu depuis longtemps me dit que je n’ai pas changé, je l’envois chier de façon hautaine et blessante.

Toute sonne le cul pt.1 : historique de sonnage du cul

Lundi, 12 janvier 2009

Attention, je vais chialer pour les 2-3 prochains articles. Vous savez, quand on commence à s’y connaître dans un domaine, on reprend toujours tout le monde, et on commence peu à peu à se faire des ennemis. «Regarde comme elle sonne bien ma guitare.» Non. Elle sonne mal. «Regarde comme ils sonnent bien mes speakers.» Non. Ils sonnent mal.

Je suis vraiment chiant, je le sais, mais le problème est qu’on considère trop souvent le son comme quelque chose de subjectif. Je parle bien de son, et pas de musique. Je suis tout aussi chiant sur les questions musicales subjectives, telles que «Yngwie Malmsteem fait de la musique conne.» Mais je ne parlerai pas celà, les exemples que j’ai donnés plus hauts étaient des exemples objectifs, et je resterai dans le domaine du chialage objectif. Parce que oui, une qualité de son, c’est tout à fait objectif.

La technologie des 30 dernières années nous permet d’avoir une qualité sonore de plus en plus proche de la réalité acoustique. Est-ce qu’on profite de ça? NON! ON NOUS VEND DE LA SCRAP! Et savez-vous quoi? Personne ne s’en rend compte, parce que personne n’a d’oreille pour s’en rendre compte, tant on est habitués à écouter de la scrap! Et savez-vous le pire, dans tout ça, on nous vend cette scrap TRÈS CHER.

Mon premier article portera sur l’historique du sonnage de cul audio.

Mais je n’en veux à personne (je me calme là). Depuis qu’on est tout petits, on a été habitués à écouter de la scrap. Commençons tout d’abord par les speakers de télévision. Quelles attrocités! Comme plusieurs d’entre vous, mon premier bagage musical, à cette époque où Limp Bizkit et Eminem étaient de grands dieux à mes yeux, a débuté en écoutant MusiquePlus. Et comment se rendaient ces merveilleux hymnes 90’s jusqu’à mes oreilles? Par un speaker mono bien poussiéreux d’une TV vieille de 15 ans. Ma mère était une pionière : nous avions la télévision numérique. Il aurait été très facile de prendre les sorties RCA du décodeur numérique et de les envoyer dans des speakers relativement cheaps. Mais qui s’en souciait? On avait un son, on était content.

Et puis c’est l’arrivée de Napster! Ce merveilleux programme qui fût l’emblême informatique de ma génération. Même si le mp3 est un fichier qui date de 1991, on n’a appris à l’utiliser que vers 1999, à la sortie du dit logiciel de partage. À l’époque, les ordinateurs n’étaient pas considérés comme des stations multimédia comme aujourd’hui. Écouter de la musique sur son ordinateur était quelque chose de nouveau, et personne n’avait de très bons speakers. On écoutait donc nos premiers téléchargements avec des speakers de qualité presque égale à celle du speaker mono de ma télé, mais au moins il y en avait 2, ce qui faisait que je pouvais écouter en stéréo!

À cette époque, j’avais une connexion internet très lente. Le bon vieux téléphone avec un modem 56k. Étant donné que ma mère mettait beaucoup de pression pour avoir la ligne téléphonique libre (allant parfois jusqu’à décrocher longtemps le téléphone, ce qui interrompait ma connexion et me faisait perdre mes downloads – ça me rendait fou de colère), je devais télécharger les plus petits fichiers possibles, réduisant ainsi la qualité de mes fichiers.

Encore aujourd’hui, je connais beaucoup de personnes qui n’ont aucune notion de qualité d’un mp3. Ce n’est pas grave, je vous explique. Dans chaque programme de téléchargement de mp3, vous avez le nom du fichier dans un colone, la taille du fichier dans une autre. Allez un peu plus loin, il y a la colone bitrate avec un chiffre : souvent 128 kb/s. Plus le chiffre est bas, plus la qualité du fichier est mauvaise, plus le chiffre est haut, mieux c’est. De grâce, pas en bas de 128 kb/s, et n’hésitez donc pas à monter à 192!

J’ai essayé ici de changer l’histoire du sonnage de cul. Encore aujourd’hui, trop peu de gens se soucient de la qualité de son de leur fichiers.

Mais vous pensez que c’est de l’histoire ancienne, tout cela? Absolument pas. Encore aujourd’hui, on écoute de la scrap. La plupart des jeunes, comme moi, écoutent leur musique sur leur ordinateur. On s’achète une paire de speakers cheaps pour aller avec.

Et si la plupart d’entre-vous se doutent que leurs speakers sont la cause de tout ce sonnage de cul, je vous avertis! Il n’y a pas que les speakers qui déterminent la qualité d’un son. Je vais vous parler d’un secret bien gardé par les compagnies audio. La composante la plus importante dans un lecteur CD : le DAC (Digital/Analog Converter).

Vous ne savez pas qu’est-ce que ça fait? C’est normal, aucune compagnie ne précise sa qualité de DAC lorsqu’elle le vend. Les compagnies tentent de nous faire rester au stade de néophytes. Toute l’industrie audio est basée sur un son scrap, avec des standarts très peu élevés. Depuis qu’on est tout jeunes, on nous habitue à un son scrap, et plus vieux, on achète des chaînes hi-fi scrap, et on ne sait pas qu’elle sonne mal, car notre oreille n’est pas formée.

Mon prochain article traitera des ces fameuses chaînes hifi à 700$ qui ne sont en fait que de jolies boîtes en carton (avec un desing très laid, devrais-je ajouter).

Aspects figuratifs à la musique

Jeudi, 8 janvier 2009

Je me suis souvent obstiné avec mon prof sur la question des aspects figuratifs à la musique : est-ce que la musique est quelque chose de complètement abstrait, ou peut-on attribuer à certains de ses éléments des affects figuratifs?

On serait d’abord porté à dire que la musique a indéniablement plusieurs aspects figuratifs. C’est la première chose qu’on apprend au cégep : Mineur/Triste, Majeur/Joyeux. Bien sûr, il y a presque autant d’exceptions à cette fausse règle que de bons exemples. De l’esprit mathématique de Bach à la mélancolie de Beethoven, en s’en allant vers l’armée de Wagner et puis la psychose de Ligeti, on associe des sentiments bien précis à des musiques bien précices.

Mais si tout le monde s’entend pour dire que la sonate à la lune de Beethoven est triste, est-ce que c’est parce qu’elle est vraiment triste, ou est-ce parce qu’on l’a si souvent entendue dans un contexte pour qu’elle soit triste? Par exemple, au cinéma, dans une scène triste, on entend souvent une mélodie simple avec des arpèges simples joués au piano assez lentement. C’est bien souvent un pastiche de la sonate à la lune. Dans notre société occidentale (où tout le monde a écouté des dizaines de films remplis de ce genre de clichés le dimanche matin à TVA), on fait inconsciemment le lien de toutes ces scènes tristes accompagnées par ce pastiche de Beethoven au piano, ce qui fait que lorsqu’on écoute l’originale, on l’associe à quelque chose de triste.

Mais est-ce qu’intrinsèquement, cette pièce évoque la tristesse? Et tantôt, je précisai que ce phénomène s’applique dans une société occidentale. Le système des 12 notes dans un octave n’est pas globalement utilisé. Certaines tribues utilisent des systèmes à 7 notes, d’autres utilisent les quarts de ton! Lorsqu’on écoute de la musique avec la gamme pentatonique chinoise à 5 notes, on trouve donc que cette musique est peu évoluée, ou simpliste. Lorsqu’une oreille peu développée écoute de la musique électroacoustique, elle la considère bizarre, elle fait un lien avec la science fiction et les films de série B. Pour nous, les électroacousticiens, la musique électroacoustique n’a rien de bizarre.

Prenons une jolie valse viennoise de Strauss, un cliché du joyeux. Probablement que les coups de cymbales effrayeront les jeunes enfants. Elle n’aura donc rien de joyeuse pour eux.

En ce qui attrait aux dissonances, pourquoi certains intervalles «frottent» et d’autres sont «doux», il y a un explication physique assez simple. Mais peu importe, ce n’est pas là ou je voulais en venir. Moi je parle d’émotion. Est-ce que la musique contient intrinsèquement des émotions?

La réponse que j’ai à cette question est : on s’en fous. Pour moi, toute la beautée de la musique réside dans son abstraction et dans sa profondeur infinie de détails. Personne n’écoute la musique de la même manière. Alors si quelqu’un aime la sonate à la lune parce qu’elle est triste, est-ce qu’on dira de cette personne qu’elle aime mal la musique? Je ne crois pas qu’il y ait une mauvaise façon d’apprécier la musique (mais il existe de la mauvaise musique – ce n’est pas une contradiction).

Bière et scotch, partie 1

Samedi, 4 octobre 2008

Parfois, les gens renient la musique pop car ils la considèrent moins travaillée que la musique classique. Tout dépend de la façon dont on conçoit la musique et ses styles. Un bon compositeur classique ne sera pas nécessairement un bon compositeur pop, et le contraire est aussi vrai. Un excellent exemple pour appuyer mon point est un disque que j’ai détesté : The London Philharmonic Orchestra Plays Hits of Pink Floyd. Dans ce disque, on a pris des pièces rock, et on a refait les arrangements pour orchestre symphonique.

L’erreur qu’ont fait les producteurs de ce disque est de considérer le pop comme une sous-branche, un dilué de la musique classique. On a donc pris les pièces de Pink Floyd, on a fait une jolie interprétation bien propre, on a rajouté quelques contrepoints, on a mis des solos de clarinette, etc… on a tenté «d’upgrader» les pièces au stade classique. C’est une erreur que beaucoup de personnes commettent, dont beaucoup de compositeurs. Le pop n’est pas une sous-branche du classique, c’est une autre branche.

C’est un peu comme la bière et le scotch. Le scotch est un alcool fin, vieillit d’environ 10 ans, triple fermentation, fût de chêne. Cela prend plusieurs années avant d’apprécier toutes les subtilités du scotch, mais une fois qu’on réussit à l’aimer, on découvre un paysage de goûts infinis. La bière est un alcool populaire, avec peu de temps de fermentation, fût de containers en stainless. On en boit souvent seulement pour l’effet, et le goût devient alors en second plan.

Mais parfois, il arrive qu’on boive de bonnes bières. Il y a les bières belges, il y a Unibroue, il y a des centaines de micro-brasseurs! Des gens qui ne considèrent pas la bière comme un sous-alcool, mais comme un alcool distinct, avec son procédé de fabrication distinct et ses arômes distinctes. Penser que la musique pop est une sous-branche du classique revient à dire qu’une bière est un dilué de scotch.

Mais attention, il y a d’excellents disques de bières converties en scotch. J’ai entendu les pièces des Beatles de toutes les façons inimaginables : blugrass, jazz, baroque, classique du XXe siècle. Pourquoi c’est bon? Parce que les créateurs étaient conscient de ce qu’ils faisaient : ils changeaient la bière en scotch (pour ne pas reprendre «changer l’eau en vin»!).

L’idée particulièrement mauvaise derrière The London Philharmonic Orchestra Plays Hits of Pink Floyd, c’est qu’on considère Pink Floyd comme un dilué de scotch, et l’on tente de le distiller. On se rend compte que ça sonne mal, alors on rajoute un peu de scotch dans le mélange.

Le disque n’est pas particulièrement mauvais, en passant. Ça s’écoute. Mais il est, selon moi, tout simplement sans intérêt, et ne rend pas justice à l’œuvre de Pink Floyd.

Le beau, le bon et le hot

Mardi, 30 septembre 2008

La musique est un grand chaos dans lequel on peut palper le beau. Les sons vivent, meurent et ne reviennent plus jamais. On tente d’échapper à cette fatalité avec le médium de l’enregistrement, mais en fait, le son ressuscite avec une âme dénaturée. On l’écoute avec une autre oreille, dans un contexte différent, dans une temporalité différente, avec un instrument différent. Par exemple, un speaker ne peut pas rivaliser avec l’instrument qu’est la Terre entière qui gronde lors d’un orage. Mais de toute façon, qui se soucie d’un disque d’orage? Qui se soucie d’un enregistrement de vagues qui meurent sur la plage? Dans le même ordre d’idées, qui se soucie de la photographie d’un coucher de soleil?

Hier soir, je revenais chez moi à pied, et je me suis dis que j’aimais irrationnellement la musique pour trois de ses aspects : le beau, le bon et le hot. Si l’enregistrement ne permet pas d’enregistrer correctement une tempête, il permet par contre de capter ces trois qualités.

Le beau est la partie émotionnelle, de jolies mélodies, une esthétique soignée, des souvenirs d’enfance, on parle d’amour, une jolie valse, ça nous rend heureux ou triste, on aime la chanter. J’aime la chanson Moon River de Frank Sinatra.

Le bon est la partie manuelle, la partie gros bras de la musique. Metallica, c’est bon, ça buche, ça groove, c’est difficile techniquement, c’est tight, c’est agréable à l’écoute, les sons se marient bien.

Le hot est la partie intellectuelle, l’originalité, lorsque la musique nous transporte dans un monde abstrait ou complexe, lorsque notre cerveau tente de décoder ce flux sonore riche et nouveau. Amon Tobin, c’est hot!

Une pièce peut être hot, mais moins belle. Elle peut être bonne, mais elle n’est pas obligée d’être hot. Moi je dirais qu’Aphex Twin, c’est bon et c’est hot, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est beau. Je dirais que Céline Dion a fait quelques belles pièces, qu’elle est très bonne, mais qu’elle manque souvent de hot.

Remarquez ici que les trois termes n’ont pas nécessairement de lien direct avec leur sens propre, c’est une sorte de sens figuré élargi.

Couper dans les arts

Dimanche, 21 septembre 2008

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que les artistes ne travaillent pas pour l’argent. Ils travaillent pour la beauté, pour l’art, pour l’abstrait. La majorité de la population ne comprend pas cette différence fondamentale, car l’argent est déjà quelque chose d’abstrait pour eux. Crédit facile, dettes. Avec quoi les gens s’endettent-ils? De faux rêves. Le Québec n’a souvent pas de rêves. Pour l’artiste, l’argent sert à concrétiser ses idées. L’argent n’est pas de l’argent, l’argent est un disque, l’argent est un concert, l’argent est une salle de spectacle, l’argent est un film, l’argent est une gallerie d’art… mais l’homme moyen ne travaille pas pour un rêve, car il n’a pas d’imagination, il ne travaille que pour l’argent. Ne s’est-il pas rendu compte que l’argent ne fait rien toute seule?

Politesse

Mardi, 5 août 2008