Je ne fais rien

Samedi, 28 février 2009 par gaube

Je suis comme tout le monde.

L’environnement, je n’ai rien contre. Je me considère vert, je suis pour l’environnement. J’ai un sac d’épicerie réutilisable. Je l’oublie souvent, mais ce n’est pas grave, puisque je me sers des sacs en plastique pour ma poubelle. J’ai une énorme réserve de sacs de poubelles. Je pose des actions concrètes : lorsque le caissier me demande si j’ai besoin d’un sac, je lui répond «Malheureusement oui.»

Mais encore mieux : j’ai ajouté la cause «environnement» à l’application «causes» sur facebook. Maintenant je peux me laver les mains et dire que j’ai vraiment posé une action concrète pour l’environnement.

Bravo gagne de morrons. Lorsqu’il y aura 1 000 000 d’utilisateurs qui seront sur l’application causes pour le cancer de sein, ben il y aura encore autant de gens qui vont en crever. Ce n’est pas mieux que rien, C’EST rien.

À mort les gens «simples»

Samedi, 28 février 2009 par gaube

Depuis quand être «simple» est positif? «Bravo, tu es resté simple malgré ta célébrité.» «Moi je suis quelqu’un de simple, qui aime la vie.» «J’aime les gens simples.»

Je ne sais pas vous, mais pour moi, simple ça veut dire «morron». Depuis quand on glorifie la simplicité d’esprit?

J’aime les gens compliqués, qui font des choses que je ne comprend pas, qui ne se comprennent pas eux-même, qui pensent des choses que je ne comprend pas, qui connaissent plein de choses.

J’aspire à être quelqu’un de compliqué. Mais je ne sais pas si j’ai assez d’argent pour. Le club sélect des gens compliqués est réservé aux riches qui ne travaillent pas et qui ont le temps de lire assez de poésie contemporaine pour trouver ça beau, ou pour comprendre les structures de phrases de Kant.

Si quelqu’un que je n’ai pas revu depuis longtemps me dit que je n’ai pas changé, je l’envois chier de façon hautaine et blessante.

Les céréales nous mentent

Vendredi, 13 février 2009 par gaube

Dans le temps de noël, ma mère me présente une brochure publicitaire de Bell en me demandant si c’est un bon deal.

Je ne m’en souviens plus exactement. C’était quelque chose comme 25$ par mois pour une connexion internet haute-vitesse, pas mauvais. Mais la publicité voulait attirer notre attention sur le fait que c’était internet sans-fil qu’on nous vendait! On pouvait lire «Bell est la seule compagnie qui offre internet sans-fil.»

C’est fâcheux. Si vous vous retrouvez sur ce blog, vous savez probablement qu’internet sans-fil n’a aucun lien avec le fournisseur, mais n’est tout simplement qu’un routeur wifi connecté au modem! En effet, Bell était la seule compagnie à louer des routeurs wifi, mais quand on sait qu’un bon routeur qui fait la job coûte 70$, on constate qu’il n’y a pas de deal incroyable à faire avec Bell. La façon dont la compagnie de téléphone tente de vendre son produit est d’une malice qui me dégoûte : soit vendre à des gens qui n’y connaissent rien!

Dans mon dernier article, je vous expose à quel point la plupart d’entre nous sommes néophytes par rapport au domaine de l’audio. Et je n’en veux à personne, il m’aura fallu aller faire un début de bac en musique électroacoustique à l’Université de Montréal pour comprendre toutes les subtilités (qui ne sont pas si subtiles, d’ailleurs) des spécifications d’un système de son.

Alors lorsqu’on achète un système de son, si on reste dans les gammes de prix abordables et grand-public, jamais on ne lit dans les spécifications sur le fameux DAC dont je vous parle à la fin de mon précédent article. Cette composante est l’une des plus importantes (sinon LA plus importante) du système de son numérique. Personne ne sait qu’elle existe.

Apple, une compagnie reconnue pour ses laptops de qualité a cessé de publier les spécifications de leur carte mère sur le site internet, et çe, même pour le MacBook Pro! La carte mère est un autre bel exemple de composante la plus importante d’un ordinateur, totalement méconnue de l’usager moyen.

Souvent, nous n’achetons qu’une image. Par exemple, les céréales Kellogg’s véhiculent dans leur publicité l’idée que manger des Special K fais maigrir et que c’est bon pour la santé.

Voici les ingrédients des Special K (source : site officiel de Kellogg) :

riz (60%), blé (17%) [blé complet (15%), farine de froment (2%)], sucre, gluten, germes de blé (dégraissés), poudre de lait écrémé, sel, malt d’orge, vitamines (vit. C, niacine, vit. B6, vit. B2, vit. B1, acide folique, vit. B12) et fer.

En gros, on pourrait traduire par : riz, sucre, sucre, blé, sel, malt, vitamines, BHT.

Comparons les Spécial K (considérés comme «santé») et les Froot Loops (que ma mère ne voulait pas acheter lorsque j’étais jeune parce que c’était «juste du sucre»).

special Kfroot loops

Deux choses me frappent et me choquent :

C’est assez subtil, il faut y porter attention, mais les informations nutritionnelles des Special K avec le lait est avec du lait 1%, et les informations des Froot Loops avec lait est avec du 2%.

Ensuite, le plus frappant, c’est qu’on se rend compte que des Froot Loops, et des Spécial K, c’est à peu près égal en matière de valeur nutritionnelles. Avant de faire ma petite recherche, je n’aurais jamais cru que manger des Froot Loops et des Spécial K revenait au même! En fait, il y a moins de sodium et plus de fibres dans les froot loops… mais à peu près autant de glucides.

Il m’aura fallu travailler dans une boulangerie avant de me rendre compte que du pain ne comporte normalement que 4 ingrédients : farine, levure, eau, sel. Je me suis alors rendu compte que le fameux pain «13 grains» de Bon Matin, que j’ai acheté pendant si longtemps car je croyais qu’il était santé, contient une bonne quinzaine d’ingrédients (en plus des 13 sortes de grains), allant même jusqu’au colorant caramel!

Je me sens trahis!

Je suis tanné de toujours devoir me méfier! Et puis, oui, je l’avoue, je suis tanné de devoir me tenir informé!

Oui, me tenir informé, ça me gosse.

Si une compagnie nous vend de la scrap en disant que c’est bon pour la santé, c’est au citoyen de s’en informer s’il veut manger en santé.

Si une compagnie nous vend des speakers de marde très chers à cause d’un bel emballage en steinless qui donne un look haut-de-gamme, c’est au citoyen de s’en informer s’il veut de la qualité pour l’argent qu’il met.

Si une compagnie nous vend un service à un prix très moyen en nous donnant un faux-cadeau, c’est au citoyen de s’en informer et d’apprendre comment l’informatique fonctionne.

Si une compagnie nous offre un crédit facile (payer plus tard, achetez maintenant) sur des meubles, c’est au citoyen de calculer budget pour savoir s’il peut se le permettre.

Si une compagnie …

On est tellement habitués de se faire avoir, et en plus on met la responsabilité sur nos propres épaules! Hey! La plupart de mes amis ont acheté des speakers de marde parce qu’ils ne connaissent pas l’audio. Ben c’est normal! Est-ce qu’on demande à quelqu’un qui est à temps plein à l’université et à temps partiel dans une jobbine étudiante, d’EN PLUS s’informer sur le domaine des spécifications audio? Personne n’est cette personne parfaite qui s’informe sur tout ce qu’elle achète, on a des vies! Si moi je ne me fais plus avoir dans l’audio, c’est parce que je me suis fait avoir des dizaines de fois et que j’ai appris. Et puis ce n’est qu’un seul domaine. Je me fais avoir régulièrement dans tous les autres domaines comme l’alimentation.

Mais bon, je semble être l’un de seuls qui pense comme ça. Va falloir que l’être humain soit un peu plus humble : on est très cons et influencables, mais faut pas s’en vouloir. Mettons plutôt la faute sur «les plus grands qui nous ont influencés.» Ben quoi? La vérité sort de la bouche des enfants!

Toute sonne le cul pt.1 : historique de sonnage du cul

Lundi, 12 janvier 2009 par gaube

Attention, je vais chialer pour les 2-3 prochains articles. Vous savez, quand on commence à s’y connaître dans un domaine, on reprend toujours tout le monde, et on commence peu à peu à se faire des ennemis. «Regarde comme elle sonne bien ma guitare.» Non. Elle sonne mal. «Regarde comme ils sonnent bien mes speakers.» Non. Ils sonnent mal.

Je suis vraiment chiant, je le sais, mais le problème est qu’on considère trop souvent le son comme quelque chose de subjectif. Je parle bien de son, et pas de musique. Je suis tout aussi chiant sur les questions musicales subjectives, telles que «Yngwie Malmsteem fait de la musique conne.» Mais je ne parlerai pas celà, les exemples que j’ai donnés plus hauts étaient des exemples objectifs, et je resterai dans le domaine du chialage objectif. Parce que oui, une qualité de son, c’est tout à fait objectif.

La technologie des 30 dernières années nous permet d’avoir une qualité sonore de plus en plus proche de la réalité acoustique. Est-ce qu’on profite de ça? NON! ON NOUS VEND DE LA SCRAP! Et savez-vous quoi? Personne ne s’en rend compte, parce que personne n’a d’oreille pour s’en rendre compte, tant on est habitués à écouter de la scrap! Et savez-vous le pire, dans tout ça, on nous vend cette scrap TRÈS CHER.

Mon premier article portera sur l’historique du sonnage de cul audio.

Mais je n’en veux à personne (je me calme là). Depuis qu’on est tout petits, on a été habitués à écouter de la scrap. Commençons tout d’abord par les speakers de télévision. Quelles attrocités! Comme plusieurs d’entre vous, mon premier bagage musical, à cette époque où Limp Bizkit et Eminem étaient de grands dieux à mes yeux, a débuté en écoutant MusiquePlus. Et comment se rendaient ces merveilleux hymnes 90’s jusqu’à mes oreilles? Par un speaker mono bien poussiéreux d’une TV vieille de 15 ans. Ma mère était une pionière : nous avions la télévision numérique. Il aurait été très facile de prendre les sorties RCA du décodeur numérique et de les envoyer dans des speakers relativement cheaps. Mais qui s’en souciait? On avait un son, on était content.

Et puis c’est l’arrivée de Napster! Ce merveilleux programme qui fût l’emblême informatique de ma génération. Même si le mp3 est un fichier qui date de 1991, on n’a appris à l’utiliser que vers 1999, à la sortie du dit logiciel de partage. À l’époque, les ordinateurs n’étaient pas considérés comme des stations multimédia comme aujourd’hui. Écouter de la musique sur son ordinateur était quelque chose de nouveau, et personne n’avait de très bons speakers. On écoutait donc nos premiers téléchargements avec des speakers de qualité presque égale à celle du speaker mono de ma télé, mais au moins il y en avait 2, ce qui faisait que je pouvais écouter en stéréo!

À cette époque, j’avais une connexion internet très lente. Le bon vieux téléphone avec un modem 56k. Étant donné que ma mère mettait beaucoup de pression pour avoir la ligne téléphonique libre (allant parfois jusqu’à décrocher longtemps le téléphone, ce qui interrompait ma connexion et me faisait perdre mes downloads – ça me rendait fou de colère), je devais télécharger les plus petits fichiers possibles, réduisant ainsi la qualité de mes fichiers.

Encore aujourd’hui, je connais beaucoup de personnes qui n’ont aucune notion de qualité d’un mp3. Ce n’est pas grave, je vous explique. Dans chaque programme de téléchargement de mp3, vous avez le nom du fichier dans un colone, la taille du fichier dans une autre. Allez un peu plus loin, il y a la colone bitrate avec un chiffre : souvent 128 kb/s. Plus le chiffre est bas, plus la qualité du fichier est mauvaise, plus le chiffre est haut, mieux c’est. De grâce, pas en bas de 128 kb/s, et n’hésitez donc pas à monter à 192!

J’ai essayé ici de changer l’histoire du sonnage de cul. Encore aujourd’hui, trop peu de gens se soucient de la qualité de son de leur fichiers.

Mais vous pensez que c’est de l’histoire ancienne, tout cela? Absolument pas. Encore aujourd’hui, on écoute de la scrap. La plupart des jeunes, comme moi, écoutent leur musique sur leur ordinateur. On s’achète une paire de speakers cheaps pour aller avec.

Et si la plupart d’entre-vous se doutent que leurs speakers sont la cause de tout ce sonnage de cul, je vous avertis! Il n’y a pas que les speakers qui déterminent la qualité d’un son. Je vais vous parler d’un secret bien gardé par les compagnies audio. La composante la plus importante dans un lecteur CD : le DAC (Digital/Analog Converter).

Vous ne savez pas qu’est-ce que ça fait? C’est normal, aucune compagnie ne précise sa qualité de DAC lorsqu’elle le vend. Les compagnies tentent de nous faire rester au stade de néophytes. Toute l’industrie audio est basée sur un son scrap, avec des standarts très peu élevés. Depuis qu’on est tout jeunes, on nous habitue à un son scrap, et plus vieux, on achète des chaînes hi-fi scrap, et on ne sait pas qu’elle sonne mal, car notre oreille n’est pas formée.

Mon prochain article traitera des ces fameuses chaînes hifi à 700$ qui ne sont en fait que de jolies boîtes en carton (avec un desing très laid, devrais-je ajouter).

Aspects figuratifs à la musique

Jeudi, 8 janvier 2009 par gaube

Je me suis souvent obstiné avec mon prof sur la question des aspects figuratifs à la musique : est-ce que la musique est quelque chose de complètement abstrait, ou peut-on attribuer à certains de ses éléments des affects figuratifs?

On serait d’abord porté à dire que la musique a indéniablement plusieurs aspects figuratifs. C’est la première chose qu’on apprend au cégep : Mineur/Triste, Majeur/Joyeux. Bien sûr, il y a presque autant d’exceptions à cette fausse règle que de bons exemples. De l’esprit mathématique de Bach à la mélancolie de Beethoven, en s’en allant vers l’armée de Wagner et puis la psychose de Ligeti, on associe des sentiments bien précis à des musiques bien précices.

Mais si tout le monde s’entend pour dire que la sonate à la lune de Beethoven est triste, est-ce que c’est parce qu’elle est vraiment triste, ou est-ce parce qu’on l’a si souvent entendue dans un contexte pour qu’elle soit triste? Par exemple, au cinéma, dans une scène triste, on entend souvent une mélodie simple avec des arpèges simples joués au piano assez lentement. C’est bien souvent un pastiche de la sonate à la lune. Dans notre société occidentale (où tout le monde a écouté des dizaines de films remplis de ce genre de clichés le dimanche matin à TVA), on fait inconsciemment le lien de toutes ces scènes tristes accompagnées par ce pastiche de Beethoven au piano, ce qui fait que lorsqu’on écoute l’originale, on l’associe à quelque chose de triste.

Mais est-ce qu’intrinsèquement, cette pièce évoque la tristesse? Et tantôt, je précisai que ce phénomène s’applique dans une société occidentale. Le système des 12 notes dans un octave n’est pas globalement utilisé. Certaines tribues utilisent des systèmes à 7 notes, d’autres utilisent les quarts de ton! Lorsqu’on écoute de la musique avec la gamme pentatonique chinoise à 5 notes, on trouve donc que cette musique est peu évoluée, ou simpliste. Lorsqu’une oreille peu développée écoute de la musique électroacoustique, elle la considère bizarre, elle fait un lien avec la science fiction et les films de série B. Pour nous, les électroacousticiens, la musique électroacoustique n’a rien de bizarre.

Prenons une jolie valse viennoise de Strauss, un cliché du joyeux. Probablement que les coups de cymbales effrayeront les jeunes enfants. Elle n’aura donc rien de joyeuse pour eux.

En ce qui attrait aux dissonances, pourquoi certains intervalles «frottent» et d’autres sont «doux», il y a un explication physique assez simple. Mais peu importe, ce n’est pas là ou je voulais en venir. Moi je parle d’émotion. Est-ce que la musique contient intrinsèquement des émotions?

La réponse que j’ai à cette question est : on s’en fous. Pour moi, toute la beautée de la musique réside dans son abstraction et dans sa profondeur infinie de détails. Personne n’écoute la musique de la même manière. Alors si quelqu’un aime la sonate à la lune parce qu’elle est triste, est-ce qu’on dira de cette personne qu’elle aime mal la musique? Je ne crois pas qu’il y ait une mauvaise façon d’apprécier la musique (mais il existe de la mauvaise musique – ce n’est pas une contradiction).

Bière et scotch, partie 1

Samedi, 4 octobre 2008 par gaube

Parfois, les gens renient la musique pop car ils la considèrent moins travaillée que la musique classique. Tout dépend de la façon dont on conçoit la musique et ses styles. Un bon compositeur classique ne sera pas nécessairement un bon compositeur pop, et le contraire est aussi vrai. Un excellent exemple pour appuyer mon point est un disque que j’ai détesté : The London Philharmonic Orchestra Plays Hits of Pink Floyd. Dans ce disque, on a pris des pièces rock, et on a refait les arrangements pour orchestre symphonique.

L’erreur qu’ont fait les producteurs de ce disque est de considérer le pop comme une sous-branche, un dilué de la musique classique. On a donc pris les pièces de Pink Floyd, on a fait une jolie interprétation bien propre, on a rajouté quelques contrepoints, on a mis des solos de clarinette, etc… on a tenté «d’upgrader» les pièces au stade classique. C’est une erreur que beaucoup de personnes commettent, dont beaucoup de compositeurs. Le pop n’est pas une sous-branche du classique, c’est une autre branche.

C’est un peu comme la bière et le scotch. Le scotch est un alcool fin, vieillit d’environ 10 ans, triple fermentation, fût de chêne. Cela prend plusieurs années avant d’apprécier toutes les subtilités du scotch, mais une fois qu’on réussit à l’aimer, on découvre un paysage de goûts infinis. La bière est un alcool populaire, avec peu de temps de fermentation, fût de containers en stainless. On en boit souvent seulement pour l’effet, et le goût devient alors en second plan.

Mais parfois, il arrive qu’on boive de bonnes bières. Il y a les bières belges, il y a Unibroue, il y a des centaines de micro-brasseurs! Des gens qui ne considèrent pas la bière comme un sous-alcool, mais comme un alcool distinct, avec son procédé de fabrication distinct et ses arômes distinctes. Penser que la musique pop est une sous-branche du classique revient à dire qu’une bière est un dilué de scotch.

Mais attention, il y a d’excellents disques de bières converties en scotch. J’ai entendu les pièces des Beatles de toutes les façons inimaginables : blugrass, jazz, baroque, classique du XXe siècle. Pourquoi c’est bon? Parce que les créateurs étaient conscient de ce qu’ils faisaient : ils changeaient la bière en scotch (pour ne pas reprendre «changer l’eau en vin»!).

L’idée particulièrement mauvaise derrière The London Philharmonic Orchestra Plays Hits of Pink Floyd, c’est qu’on considère Pink Floyd comme un dilué de scotch, et l’on tente de le distiller. On se rend compte que ça sonne mal, alors on rajoute un peu de scotch dans le mélange.

Le disque n’est pas particulièrement mauvais, en passant. Ça s’écoute. Mais il est, selon moi, tout simplement sans intérêt, et ne rend pas justice à l’œuvre de Pink Floyd.

Le petit homme

Mercredi, 1 octobre 2008 par gaube

J’étais dans un wagon du métro et je regardais ce petit homme d’environ 3 ans, assis sur un banc, qui regardait par la fenêtre le peu de paysage qu’un tunnel nous offre. Sa mère n’était pas loin, mais il semblait déjà autonome. Les enfants qui prennent le métro le prennent souvent pour la première fois, et ils sont constamment en train de demander l’attention à leur mère. Pas lui. Il avait un regard sérieux et intelligent, et regardait calmement par la fenêtre. C’est alors que j’ai commencé à flotter en itinérant dans mes pensées, comme on le fait souvent entre deux stations. Je me suis mis à réfléchir sur la jeunesse, la beauté de la naïveté, cette absence de barrière qui nous permettait d’adresser la parole à un étranger. Je me suis alors demandé qu’est-ce qui pouvait bien donner à cet enfant un air si adulte. C’est en le regardant sortir du wagon que j’ai compris qu’il avait grandit à Montréal : de tout le voyage, il n’a regardé personne dans les yeux.

Le beau, le bon et le hot

Mardi, 30 septembre 2008 par gaube

La musique est un grand chaos dans lequel on peut palper le beau. Les sons vivent, meurent et ne reviennent plus jamais. On tente d’échapper à cette fatalité avec le médium de l’enregistrement, mais en fait, le son ressuscite avec une âme dénaturée. On l’écoute avec une autre oreille, dans un contexte différent, dans une temporalité différente, avec un instrument différent. Par exemple, un speaker ne peut pas rivaliser avec l’instrument qu’est la Terre entière qui gronde lors d’un orage. Mais de toute façon, qui se soucie d’un disque d’orage? Qui se soucie d’un enregistrement de vagues qui meurent sur la plage? Dans le même ordre d’idées, qui se soucie de la photographie d’un coucher de soleil?

Hier soir, je revenais chez moi à pied, et je me suis dis que j’aimais irrationnellement la musique pour trois de ses aspects : le beau, le bon et le hot. Si l’enregistrement ne permet pas d’enregistrer correctement une tempête, il permet par contre de capter ces trois qualités.

Le beau est la partie émotionnelle, de jolies mélodies, une esthétique soignée, des souvenirs d’enfance, on parle d’amour, une jolie valse, ça nous rend heureux ou triste, on aime la chanter. J’aime la chanson Moon River de Frank Sinatra.

Le bon est la partie manuelle, la partie gros bras de la musique. Metallica, c’est bon, ça buche, ça groove, c’est difficile techniquement, c’est tight, c’est agréable à l’écoute, les sons se marient bien.

Le hot est la partie intellectuelle, l’originalité, lorsque la musique nous transporte dans un monde abstrait ou complexe, lorsque notre cerveau tente de décoder ce flux sonore riche et nouveau. Amon Tobin, c’est hot!

Une pièce peut être hot, mais moins belle. Elle peut être bonne, mais elle n’est pas obligée d’être hot. Moi je dirais qu’Aphex Twin, c’est bon et c’est hot, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est beau. Je dirais que Céline Dion a fait quelques belles pièces, qu’elle est très bonne, mais qu’elle manque souvent de hot.

Remarquez ici que les trois termes n’ont pas nécessairement de lien direct avec leur sens propre, c’est une sorte de sens figuré élargi.

Septagénaire

Dimanche, 28 septembre 2008 par gaube

Couper dans les arts

Dimanche, 21 septembre 2008 par gaube

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que les artistes ne travaillent pas pour l’argent. Ils travaillent pour la beauté, pour l’art, pour l’abstrait. La majorité de la population ne comprend pas cette différence fondamentale, car l’argent est déjà quelque chose d’abstrait pour eux. Crédit facile, dettes. Avec quoi les gens s’endettent-ils? De faux rêves. Le Québec n’a souvent pas de rêves. Pour l’artiste, l’argent sert à concrétiser ses idées. L’argent n’est pas de l’argent, l’argent est un disque, l’argent est un concert, l’argent est une salle de spectacle, l’argent est un film, l’argent est une gallerie d’art… mais l’homme moyen ne travaille pas pour un rêve, car il n’a pas d’imagination, il ne travaille que pour l’argent. Ne s’est-il pas rendu compte que l’argent ne fait rien toute seule?