Critiques 1

Moi et Kevin avons décidé de s’envoyer mutuellement des tounes qu’on ne connaît pas pour les critiquer sur notre blog. Voici trois tounes que je critiquerai.

Ta geule!
The Ting Tings – Shut Up And Let Me Go

The Ting Tings est un groupe qui m’est tout à fait inconnu. Tout ce que je sais c’est que c’est un duo britannique. Shut Up And Let Me Go est assurément une pièce danse qui puise son inspiration dans plusieurs époques. On reconnaît un ligne de guitare très funky plutôt 70, une influence du disco et des synthétiseurs des années 80 et 90.

Dès le début de la pièce, on danse à coup sûr grâce au petit riff de guitare funky qui me fait penser un peu à du Daft Punk. S’en suit alors la première partie du couplet où il n’y a que du drum et la chanteuse qui chante des paroles amusantes. La deuxième partie du couplet est très divertissante avec le son de DX7 des années 80 qui donne un son bien cheezy qu’on aime. S’en suit un prechorus assez standart (I ain’t freeking I ain’t faking this), puis une barre de reprise nous ramène au riff de guitare. On répète le tout, et on rejoue le riff de guitare.

C’est après cette répétition où ça se gâte. Le bridge reste dans la même tonalité, avec la même ligne de basse, on baisse de dynamique (plus doux). Trop peu d’arrangements et de sons intéressants me permettent de tenir mon attention en éveil. On finit la pièce sur une moitié de couplet, en nous laissant sur notre faim. On aurait voulu une orgie de synthé des années 80, un riff ultra-dance, la chanteuse qui crie, etc. Dommage, parce que le début groove en sale!

Bombe espagnole
The Clash – Spanish Bombs

Ça fait des milions de fois que Kevin me parle du légendaire album double London Calling du groupe-culte The Clash.

Je vais vous avouer que ma première écoute n’a pas été charmante avec Spanish Bombs. Mais je lui ai donné plusieurs chances (au moins une dizaine d’écoutes). Malheureusement, plus je l’écoute, moins je l’aime. Ça ne m’empêchera pas de faire une critique constructive.

La pièce commence sans intro, sans fla-fla, tout de suite au thème principal, ce qui est quelque chose que j’apprécie. Ensuite, couplet 1 : je suis tout de suite surpris par la voix du chanteur, que je trouve désagréable. Je ne comprend pas les paroles non plus.

Bon bon bon, on entend pas plus les paroles de malajube non plus, et j’aime ça. Bob Dylan chante vraiment mal, et j’aime ça. Et parfois, faut s’habituer à la voix du chanteur.

Vrai. Mais s’il y a des lacunes au niveau de la voix dans ces deux exemples, les pièces sont tout de même renforcées par plusieurs autres éléments musicaux qui en font quand même des bonnes tounnes.

Bon j’en étais où? Ah, au couplet 1. Alors je n’aime pas la voix. (Qui a eu l’idée de la doubler???) Enfin. Un peu d’orgue vient se rajouter à l’instrumentation après quelques mesures. C’est un choix que je trouve un peu quétaine et très cliché. Remarquez que j’ai rien contre les clichés en général, mais je trouve le son d’orgue un peu trop quétaine dans ce contexte-ci.

Le refrain arrive. Mêmes accords, même mélodie, je suis complètement tanné de les entendre. Si j’avais été à leur place, j’aurais fait entrer l’orgue à ce moment-ci, au refrain. Le refrain aurait alors eu un certain impact. Il y a quand même les punchs de guitare qui marquent un changement, mais dans l’ensemble, c’est très plate comme refrain.

Le reste de la tounne n’a aucune progression, les deux minutes restantes m’apparaissent alors comme un calvaire à franchir. Aucun nouvel instrument ne vient s’ajouter. Aucun bridge. Pas de solo. Rien. N’importe quelle musique d’ascenseur évolue plus que Spanish Bombs.

J’ai pris la peine de lire les paroles. Boaf, ça ne capte pas mon attention, peut-être suis-je insensible aux guerre civiles Espagnoles.

Une tounne de Rush
Rush – Limelight

J’aime bien Rush par principe, mais aussi parce que je trouve ça très bien fait. C’est LE band de contenu canadien de CHOM. Ça sonne un peu quétaine, mais pas au sens péjoratif. Juste assez quétaine pour qu’on aime ça et qu’on soit pas gêné de le dire. Et si seulement toute la musique commerciale était aussi bien faite!

Bon, de la façon que j’en parle, ça n’a même pas l’air d’un groupe de rock progressif. Ben, c’est que la pièce que Kevin m’a donné à écouter, Limelight, n’est pas tellement progressive. Ou plutôt, c’est du prog pop. Moi j’ai rien contre.

Intro de guitare qui sonne comme un bon vieux rock’n’roll en 4/4, avec le drum qui accentue les temps 2 et 4 : un bon petit cliché. Mais oups, après seulement quatre mesures, le riff se transforme en 7/4 dans une fluidité surprenante (je gage que plein de gens ne s’en sont jamais rendu compte). Des changements de métrique se produisent tout le long de la pièce (alors ça serait trop long de faire une analyse profonde des changements de métriques).

On remarquera un prechorus avec un joli petit son de guitare bien chorusé (mauvais jeu de mot) qui sonne un peu comme une tounne de Céline. Le chorus, lui, est en double-time avec la distortion qui embarque.

Oui, c’est quétaine. MAIS! Ça marche. Et non seulement ça marche, mais ça marche très bien avec très peu. On n’est pas dans une tounne de Def Leppard ici. Pas d’orchestre symphonique, pas de milions de synthétiseurs. Non, madame. Bass, drum, guitare, voix, et un synthé tout au long de la pièce. Pas 30 000 sons de synthés, UN. Les tounes avec le plus de feeling, des fois, ça prend juste un après-midi à enregistrer.

Et puis? «Y vas-tu parler de Neil Peart, y vas-tu parler de Neil Peart?» On reconnaît le talent musical de Neil Peart dans cette toune-ci : on l’oublie. Y’avait pas de place à un solo de drum incroyable, ou à des quintolets en double croche. Sa partie de drum est bien faite et fit bien avec la toune, that’s it. Un certain Mike Portnoy aurait à apprendre de lui, remarquez bien que ça fit, dans Dream Theater, des solos de drum. Ça nous désennuie.

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4 Réponses to “Critiques 1”

  1. Une présentation de Gaube – Partie 1. « Le Kevin – Mélomane insomniaque en dilettante. Says:

    […] Une présentation de Gaube – Partie 1. Se rendre aux commentaires Il y quelques semaines, mon bon ami Gaube m’a proposé un “échange” de critiques de pièces, l’un envoyant une dizaine de minutes de musique à l’autre qui ensuite en fait un commentaire sur son blogue. Eh bien, mon vis-à-vis a déjà complété ses critiques depuis quelques jours déjà, que vous pouvez lire ici. […]

  2. LeKevin Says:

    The Ting Tings – Shut Up And Let Me Go
    C’est un groupe que j’ai découvert cet été à Osheaga, et que semble-t-il j’étais l’un des seuls à ne pas les connaître parce que cette chanson a été utilisée dans une pub de iPod (la preuve que je n’écoute plus la télé live, mais des séries DVD). Super show, seulement deux membres sur le stage et qui nécessairement s’appuient sur des séquenceurs mais qui en abusent pas et qui improvisent avec l’activation des séquenceurs. Bref, après le show j’achète leur album parce que je suis vendu… mais, déception. Pas une aussi grande fraîcheur sur album et même un agacement après 3-4 écoutes. Je t’ai donc peut-être envoyé une des 2-3 meilleures, le reste gosse un peu. Belle perspective de l’évolution dans ta critique, moi j’ajouterais que ça rappelle ce que fait Franz Ferdinand (c’est à dire le blend rock-funk-disco).

    The Clash – Spanish Bombs
    Là là, je suis pas d’accord. T’as trop réfléchi! Mais c’est de ma faute, je t’ai envoyé un titre qui s’apprécie beaucoup en ayant une bonne perspective du travail de The Clash. Cette toune s’inscrit dans leurs revendications politiques de gauche (dixit. la guerre civile espagnole entre les républicains et les réactionnaires 1936-1939). Sinon, chez l’instrumental, c’est le dépouillement post-punk (parce qu’ils ont participé au punk mais surtout au post selon moi) que j’aime bien, on voit l’influence sur The Libertines par exemple. Dans les voix, c’est qu’ils avaient deux chanteurs (Joe Strummer et Mick Jones) avec des voix sensiblement semblable. Une excellente chanson, mais oubliable en effet sans le reste, mes excuses. Écoute London Calling (la toune), Clampdown et Rock the Casbah.

    Rush – Limelight
    Rien à redire, tu m’enlèves les mots de la bouche!

  3. gaube Says:

    J’avais compris que la pièce de the clash se voulait revendicatrice. Sauf que je trouve ça fait cheap à mort. La toune se veut être une toune «engagée», mais elle ne se veut pas une «bonne toune». On dirait que tout est botché, sauf l’attrait «politique» de la chose.

    J’ai rien contre un dépouillement instrumental. Ça veut pas dire manquer d’imagination pour autant. Par exemple : dans le Rush, la guit électrique a deux sons : disto, pas disto; elle fait des arpèges, des power-chords, un solo. C’est un seul instrument, mais qui fait plein de choses. Dans le The Clash, la guit acoustique pioche égal tout le long de la toune, et c’est à peu près vrai pour tous les instruments. Y’a aucune évolution. Après 1 minute, c’est plate, on a compris où ils voulaient en venir (parce qu’au niveau des paroles non plus ça évolue pas).

    Copy-Paste…

  4. gaube Says:

    Remarque ben que le hip hop au complet est basé sur le copy-paste et que j’ai rien contre…

    C’t’une question de contexte j’imagine. Moi et Spanish Bombs, on s’aime pas.

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